Nous travaillons au sein du plus grand district de Lima : San Juan de Lurigancho, qui regroupe plus d’un million d’habitants. La moitié d’entre eux ont moins de 16 ans. Avec l’exode rural, la population s’accroît sans cesse. Tous espèrent trouver dans la capitale une vie meilleure. Dans les faits, les nouveaux habitants se retrouvent souvent sans eau courante, sans égouts ni électricité. Ils sont obligés de construire une maison en natte ou en tôle sur les collines arides et décharnées qui entourent la ville de Lima. La recherche d’un travail est extrêmement ardue et la vie en situation de pauvreté, voire d’extrême pauvreté (pour 11% de la population du district), est une réalité quotidienne.
La population est en butte à de nombreux problèmes de nutrition, d’hygiène et de santé. Les infrastructures de santé et d’éducation des jeunes enfants sont insuffisantes dans les districts les plus pauvres. La contraception n’est pas entrée dans les mentalités et la proportion des mamans adolescentes est préoccupante. Les mères et leurs enfants représentent donc une population particulièrement vulnérable, d’autant plus que les pères sont souvent absents et que les familles de migrants sont éclatées dans tout le pays. Seule la bonne volonté occasionnelle des voisins, eux-mêmes démunis, peut parfois apporter quelque secours.
L’épidémie de Covid-19, accompagnée de mesures de confinement de très longue durée, a frappé particulièrement durement les familles avec une base économique précaire et fait reculer de dix ans les indicateurs de pauvreté du Pérou. L’instabilité politique persistantes freine toute amélioration en matière de politiques de santé et d’éducation.

